Analyse technique Thomas mars 2014

Voici, comme promis, mon analyse technique d’un des jets de Tom lors des championnats Nationaux indoor à Nantes en mars dernier. Ce n’est pas le meilleur jet du concours car la vidéo n’était pas exploitable, voici néanmoins un bon jet à analyser.

Thomas a donc dû revoir entièrement son schéma de lancer. Un grand défi donc, avec des hauts et des bas. Principaux axes de travail sur lesquels j’ai insisté : un départ simple, ne pas sauter au centre et laisser le poids derrière le bassin pour avoir un bon final explosif.

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Ce fameux départ… corrigé à plusieurs reprises car il est la clé du reste du lancer.

La position est équilibrée, l’effort de venir sur l’appui gauche est fait.

La seule chose que je n’aime pas c’est le pied gauche qui est trop tourné, ce qui engendre une torsion dans le genou qui n’est pas saine.

Il est également quasi sur pointe de pied, ce qui augmente le risque de déséquilibre vers l’avant par rapport à un appui sur plante de pied.

 

 

 

 

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Énorme progression sur cette position : le poids reste bien derrière, le bras gauche équilibre la position et la tête ne tire pas vers l’avant.

Mais on a toujours ce pied gauche qui continue d’engendrer une torsion du genou.

Important à noter : la position du genou gauche par rapport au plot. Utile pour la suite de l’analyse…

Merci les juges pour ce point de repère 😉

 

 

 

 

 

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On constate donc que le genou gauche recule par rapport au plot. Cela signifie que Baloo est en train de se relever un peu et qu’il commence à avancer. Le poids du corps n’est plus sur la jambe gauche.

La ligne d’épaule est bien à plat et le poids bien en arrière, rien a redire là dessus.

Cette phase importante a longtemps été travaillée, car il faut attendre le retour de la jambe droite en restant relâché. L’accélération commencera plus tard.

En théorie le bras gauche continue de s’ouvrir, mais au vue de la photo suivante, j’en doute un peu.

 

 

 

 

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On continue de voir cette torsion bizarre du genou gauche…

La position des épaules et du regard est bonne.

 

Point défaillant : une jambe droite qui ne croise pas assez, c’est à dire qui va trop vers l’avant et pas assez vers la gauche. Il faut une réelle volonté d’amener sa hanche droite au centre et non le pied avec les fesses en arrière.

L’accélération doit se produire à ce moment, la position du buste est idéale pour cela.

A cet instant, il faut chercher un moment d’inertie du poids pour laisser passer le bassin, c’est la torsion.

 

 

 

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Par rapport à ce que j’ai vu cet hiver, la position est bonne. Mais on est face à un problème récurant chez Baloo, il n’y a pas d’étirement et peu de tension à ce moment clé !

 

La tête et le poids reste bien en place, rien a dire là dessus.

 

La faute vient du bassin qui est « en retard ». Baloo ne pourra jamais passer sa hanche devant le poids pour créer un bon étirement lui permettant d’exploser sur le final.

 

Pas plus de photo intéressante à analyser après.

 

 

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Globalement je retrouve sur ce jet les efforts de l’hiver. Il manque une franche accélération au centre pour tendre « l’élastique » grâce à la hanche droite, mais il y a une super vitesse d’exécution, non palpable sur une photo. Cela sauve les jets et permet de poser 16m tout de même.

 

 

A voir dans quelques semaines si la reprise montrera encore cette belle attitude de lanceur.

 

Stef

10 Commentaires
  1. lebelge 5 années Il y a

    Petite contribution de ma part, n’étant pas spécialiste mais les moments de forces, l’inertie, le chemin de lancer pour une vitesse max en finale d’un rayon d’action maximal en finale (déformation martelesque) sont ce que l’on recherche tous! Y compris au marteau ou il faut avoir de l’avance sur son marteau mais l’action de poussée sur celui-ci engendre un certain dépassement permettant une rotation plus souple et longue et un rayon plus important pour pouvoir reprendre de l’avance. En gros, torsion détorsion sur de la rotation! Au poids, les exemples de belles rotation efficaces et en souplesse dans le temps que sont Barnes et plus près de nous Lauro et encore plus près de nous le regretté Niaré lors de son jet lui donnant l’argent aux europes en salle, ne semblent pas montrer cette envie de torsion et d’avancée de hanche mais de privilégier par le timing et la mécanique, le rayon et cette inertie pour mettre de gros moments de force et donc une grosse vitesse sur le chemin de lancer. J’ai toujours eu tendance à croire que la torsion était tjs au détriment du geste, donc de la souplesse et donc de l’efficacité du lancer car entrainant de grosse coupure de rythme et de vitesse!
    Mais ce n’est que mon avis « et la remarque sur le genoux de départ est très pertinente, je me la garde dans un coin » 🙂

    P.S. j’adore ces prises de positions et ces débats contradictoires positifs!

  2. Robert 5 années Il y a

    Bonjour à Tous. On a 2 exemples ici, down Under, de 2 spiners qui « pull » (c ce que disait Mc Wilkins de Gill en 2010 en analysant son jet à 18.57 m au 7 kg à Nouméa) et qui ne « push » pas sinon tard ds leur finale.
    Du moins, c’ était le fait du Gill de la belle époque (cadet1 à junior2) qui « tirait » son poids façon discobole.
    Au départ, son coach , D. Poppé, lui demandait transfert sur appui G puis ouverture simultanée genou G et épaule G suivis d’ un large sweep. Gill réussissait bien le sweep mais moins bien ce qui précède (il tirait sur la tête et gardait le postérieur en arrière d’ appui pied G).
    Derrière, dès pose pied D au centre, c la prise d’ avance du bas qui générait la torsion (torque pour les Ricains) particulièrement au moment à peine perceptible où le poids s’ arrête au centre du cercle. Le poids à cet instant « passait derrière » si l’ on peut dire, du fait du décalage créé entre ligne de hanches / ligne épaules..
    Après, c moins notre sujet, il y avait la volonté de garder le poids au-dessus pied D, épaule G fermée tant que pied G ne tapait pas le sol. Taper et non poser pour générer en pos. de force, une violente réaction de jambe D.
    A l’ époque Gill était à 20.01 au 7 avec 170 – 180 au banc. Il s’ est depuis marginalisé ds une course solitaire à la muscul refusant quasiment de lancer en match…Aux Nationals NZ, on l’ a donc vu à 19.93 avec 220 au DC, incapable de reproduire le schéma de lancer de ses années cadet.
    Curieusement, c encore un spiner du Sud, Walsh (je parle de ce que je connais le moins mal) qui fait le show avec 1 départ assez banal mais une belle prise d’ avance au centre grâce à un pivot pied D moteur hors du commun.
    Walsh à 21.26 à Sopot qui en Septembre ou Octobre ne passait pas 200 au DC.
    Alors le poids « derrière », personne n’ en doute mais pas avant pose pied D au centre et vissage du bas du corps.
    Parmi les « cubes US » qui semblent lancer d’ un bloc mais avec de jolis pivots, Nelson proposait lui, clairement, une torsion suivie d’ une détorsion grâce à la vitesse emmagasinée par sa jambe G au large avant acquisition de pos. de force.
    Là encore, au départ, haut et bas étaient d’ un bloc.
    Robert.Nouméa

  3. Christophe 5 années Il y a

    Steph,

    Comme dans beaucoup de disciplines athlétiques on nous a, et a juste titre enseigne la prise d avance des membres inférieurs par rapport aux membres supérieur, qui peuvent s avérer juste a mon sens comme dans le lancer de disque, le javelot, le poids en translation, la hauteur… Mais aujourd hui je suis vraiment dans un questionnement différent. Peu de lanceur de poids en rotation a haut niveau ont cette position de hanche que tu décris. Regarde bien, oublie tes sensations et tes représentations. Dans la vidéo de baloo. A mon sens sur le départ. Le fait de laisser le poids derriere oblige une dépense d énergie pour faire passer les membres inférieurs, la seule possibilité a ce moment la est une extension et une poussée de la jambe gauche que tu trouves fausses. Mais n’est elle pas la conséquence d’une intention recherche a l entraînement. Certaines techniques de disque ou le marteau utilisent justement le poids de l engin afin d’imprimer une vitesse importante. Ne cherche t il pas cela les lanceurs a haut niveau. Je ne vois pas de lanceur avec le poids derrière la hanche droite au départ…qui le fait. Même BArnes ne le fait pas. Objectivement ça n existe pas. Mais j aurais tendance comme toi a dire qu il la faut. A méditer….

    • Auteur
      Team PTG 5 années Il y a

      Une des premières choses que je tente de transmettre, c’est de ne pas imiter la technique d’un athlète de haut niveau. Il est hors norme en muscu et une vitesse gestuelle deux fois plus rapide.
      Ma vision est basique, l’image initiale qu’il faut comprendre, c’est la hanche qui tape dans le poids et rien d’autre.
      La rotation ne déroge pas à cette règle.
      Pour revenir sur Baloo, il n’y a aucune dépense énergétique supplémentaire, il suffit de tenir la position et attendre le retour de la jambe droite pour initier la vitesse du lancer. Sinon tu « tombes » vers l’avant et le jet est foutu avant de commencer. Donc oui je refuse qu’il pousse sur cette jambe gauche.
      L’énergie cinétique résultant du lancer en rotation est magique. Le principal est de l’emmagasiner et de tout mettre dans l’engin.
      En revanche, comme je l’ai dit avant, mon raisonnement est qu’il ne faut jamais donner de la vitesse à ton engin, sinon tu cours après en permanence.
      Par contre je ne dis pas au départ de mettre le poids derrière la hanche, je dis le laisser derrière, cad ne pas avancer avec.

      Stef

      • Christophe 5 années Il y a

        Ce n’est pas répondre a la question que de dire qu on ne copie pas un athlète de haut niveau et c est botter en touche. Celui ci a davantage de temps de réfléchir aux questions techniques et leur compréhension est une aide précieuse dans les entraînements et la rechcerche de grande vitesse gestuelle. C est bien a partir d eux que ce sont construit bon nombre de modèles biomecaniques. La hanche n est elle pas la résultante d une extension. Je crois que La hanche ne possède pas de récepteurs kinesthésiques permettant de travailler sur elle.  » demander a quelqu un de travailler sur sa hanche est de l ordre du très difficile ».Si on demande a quelqu un de sauter haut sur un exercice basique de détente , on aura bien une ouverture de hanche arrivant après une ouverture de la cheville et du genou. J ai bien les mêmes modèles que toi, simplement je crois que l on peut vraiment se poser des questions sur nos intentions a donner aux athlètes. Est on justement dans une notion d emmagasiner de l énergie ou dans une continuité d actions motrices, ou les deux ou autre chose. J aime bien ta notion courir après, n est il pas la le but? Courir plus vite avec « certaines fixations d équilibres ». Sur beaucoup d athlètes voir même tous ils ont le poids rapidement en sortie de pivot qui avancent et non avec le poids derriere. En laissant le poids derrière on pourrait penser que l’ont est comme tu dis dans l attente : » pause dans la continuité motrice, moment mort », du coup une obligation de l athlète d être mega puissant pour impulser une vitesse a partir d un moment mort.

        • Auteur
          Team PTG 5 années Il y a

          Je ne botte pas en touche. Chercher une comparaison entre :
          – un athlète de HN avec 25h d’entrainement, faisant en série 300 en squat, 270 en bench, et 200 en épaulés,
          – un athlète s’entraînant 7h par semaine, ne faisant pas de sq et en série à 90 en bench et 80 en arrachés,
          je trouve juste ça inutile et décalé.

          Maintenant pour reprendre ton message de départ « Étant loin de la recherche technique optimale du lancer de poids.« , je peux te faire gagner du temps en te disant qu’en rotation on ne cours pas après le poids.

          Face à tes interrogations, et si je comprends ta logique, un lanceur comme Pezer, un espoir, peux arrêter tout de suite. Je t’invite à regarder son jet et de revenir commenter ce que tu analyses dans son lancer.

          voici le lien : http://www.youtube.com/watch?v=7Bsw5FL4oGo

          • Christophe 5 années Il y a

            Si j’avais a entraîner quelqu un en rotation, je partirais peut être dans l orientation que je te décris, car a mon sens elle a besoin de moins de force que celle que tu proposes. Et je reste sur ma position que l on apprend de tout le monde que ce soit du débutant ou du très haut niveau. Il faut regarder les 2 extrémités pour se situer sur un axe de progression et comprendre ce qui se passe.

          • Auteur
            Team PTG 5 années Il y a

            http://www.ptg-amiens.fr/?attachment_id=1320

            C’est ça une hanche qui tape dans le poids. Je n’arrive pas à comprendre cette volonté à courir après l’engin. J’ai pris ton jet de référence.

  4. Christophe 5 années Il y a

    Étant loin de la recherche technique optimale du lancer de poids. Ce n est pas dans mes préoccupation actuelle. Mais je me pose des questions sur l analyse technique et sur ce qu on peut voir chez les lanceurs a haut niveau. Y a t il vraiment une recherche d étirement et une envie de laisser le poids absolument derrière la hanche droite? Dans cette configuration n est on pas dans un frein de la vitesse d engin? Que penser des étirements dans la rotation?hoffa, cantwell ou encore Nelson utilise t il ceci. N est ce pas le vestige d une technique en translation? C’est une réflexion que je me pose. Ils ont tous le poids en avance et je trouve même que sur la finale l étirement provoque par la hanche droite est vraiment plus que succincte. Qu en pensez vous?

    • Auteur
      Team PTG 5 années Il y a

      Bonjour Christophe,

      Dans le lancer de poids comme dans toutes les disciplines de l’athlétisme, il y a une prise d’avance du bas sur le haut du corps.
      Si le poids reste devant la hanche, le lanceur ne pourra effectuer qu’un mouvement concentrique, c’est à dire pousser son poids, vitesse gestuelle lente donc peu efficace.
      En revanche en plaçant le poids derrière la hanche, il va créer un étirement et les muscles réagiront sur un mouvement pliométrique, il y aura donc une forte accélération.

      Le piège à éviter en rotation est justement de donner trop de vitesse à son engin durant le chemin de lancement. Il est quasi impossible de diminuer cette énergie et de ralentir la vitesse de son engin. De ce fait la hanche ne passera jamais devant le poids = peu d’étirements = peu d’accélération en final.

      Une vitesse globale du lancer peut faire penser à un bon jet, mais il ne faut jamais oublier la règle essentielle, prendre de l’avance avec le bas du corps.
      Au besoin je pourrai publier un comparatif des différents lanceurs et de cet position poids/hanche

      Stef

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